Appel à communications pour le Congrès de l’AFEP « Qu’est-ce qu’un système économique et social soutenable ? » pour le 5 janvier 2022

Le onzième Congrès de l’Association Française d’Économie Politique se tiendra du 28 juin au 1er juillet 2022 à Amiens sur le thème : « Qu’est-ce qu’un système économique et social soutenable ? ».

Quatre décennies marquées par la flexibilisation des marchés, en particulier celui du travail, par l’érosion de l’État social et par des vagues de privatisations et de déréglementations ont profondément modifié les structures de nos économies et de nos sociétés. Des vulnérabilités et des tensions nouvelles sont apparues, comme le reconnaissent désormais les organisations internationales qui avaient promu les transformations libérales du capitalisme. Le problème des inégalités économiques et sociales, celui de l’instabilité financière, ainsi que celui des limites inhérentes à l’épuisement de ressources naturelles et à la modification de la composition atmosphérique, posent de manière nouvelle et cruciale la question de l’évolution du capitalisme.

Sur un plan historique, les transformations de ce système concourent à sa « durabilité », mais selon des modalités qui ne sont pas nécessairement soutenables. La récurrence des crises constatée depuis la fin des années 1990 semble d’ailleurs rappeler que « les crises ne sont jamais que des solutions momentanées et violentes des contradictions existantes, des éruptions violentes qui rétablissent pour un moment l’équilibre troublé » (Marx). Dans la période la plus récente, le dynamisme du secteur du numérique a semblé contribuer à la résilience du système économique, mais son développement a engendré de redoutables problèmes : uberisation du travail, gigantesques rentes de monopole, évasion fiscale, surconsommation énergétique, etc


Le 11e congrès de l’AFEP propose d’interroger les conditions et les limites de la soutenabilité du capitalisme contemporain. Le fonctionnement actuel de ce système économique témoigne-t-il de 2 contradictions internes profondes ou bien de capacités d’adaptation qui permettraient de résoudre, de manière endogène, les problèmes sociaux, économiques et écologiques qu’il a créés par sa dynamique propre ? Profondément liées les unes aux autres, les « transitions » écologiques, économiques et sociales impliqueraient des transformations majeures de l’activité économique, des conditions de travail, des systèmes de santé et de protection sociale, ou encore des modes de régulation et des modes de « gouvernance ». Comment penser ces transformations ? Quelles sont les mutations productives déjà à l’œuvre ? Quel est l’état des connaissances concernant la dimension biophysique des systèmes socio-économiques ? Quelles seraient les conditions d’un système économique et social soutenable ?

De telles interrogations imposent d’aborder les changements économiques, sociaux et institutionnels qui sont en cours. Elles nécessitent des analyses macroéconomiques et/ou systémiques sur la logique d’ensemble de coordination et de reproduction du capitalisme comme système économique et social.

Le capitalisme a façonné des économies et des sociétés, mais aussi des espaces géographiques, des territoires et des mentalités. Ses conditions de fonctionnement peuvent s’appréhender à partir des différents domaines qu’il a bouleversés : production, emploi et répartition mais aussi santé et exploitation des ressources naturelles façonnant territoires, paysages, espaces de vie, de travail et de mobilité. De nouvelles pratiques, activités ou régulations semblent contester certaines caractéristiques du capitalisme contemporain : développement des communs réévaluant la question de la propriété et de la citoyenneté, annonces d’actions prises «quoi qu’il en coûte» durant la pandémie, retour – même fragmentaire – du thème de la planification qui met en question l’efficacité de la coordination marchande, renouvellement des pratiques agricoles, des échanges et de la coordination au niveau local, développement du secteur de l’économie sociale et solidaire potentiellement porteuse d’innovations sociales et de modes alternatifs de production et de consommation qui valorisent et économisent les ressources. Ces pratiques sont elles-mêmes traversées par des contradictions, comme la financiarisation de dispositifs sociaux (les contrats à impact social) ou environnementaux (les fonds de paiement aux résultats) ; elles interrogent plus généralement la nature et les effets des dispositifs marchands pour répondre aux enjeux écologiques.

Ce 11e congrès de l’AFEP sera notamment l’occasion d’analyser les débats contemporains sur le « développement soutenable » et les déclinaisons plus récentes autour des « transitions », dans la mesure où ces débats questionnent les interactions entre les activités humaines et le reste de la nature en renouvelant une réflexion qui trouve son origine dans la philosophie et qui avait déjà été examinée par l’économie politique lors des révolutions industrielles.

Dans l’esprit d’ouverture qui caractérise l’approche pluraliste promue par l’AFEP, le congrès resteouvert à toute thématique ou approche. Les propositions ne portant pas explicitement sur la thématique du congrès sont donc également bienvenues et seront étudiées par le comité scientifique

Date limite d’envoi des propositions de communications (résumé d’une page + références bibliographiques) : 5 janvier 2022 (via https://afep2022.sciencesconf.org , site en construction).
Notification d’acceptation de la communication : 2 mars 2022.